Parcours d’une Église synodale | ||||
Une expérience d'Église de participation et de communion chez les Papous |
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Histoire de mon engagement - Mon premier contact | |||
Mon rêve était de devenir un missionnaire. Quand je suis allé au séminaire des Pères Montfortains à Papineauville en 1959, les Montfortains du Canada commençaient leur mission dans la Province de l’Ouest de la Papouasie Nouvelle Guinée. Alors, mon désir était de devenir Montfortain et ensuite d’aller comme missionnaire chez les Papous. En novembre 1971, cinq mois après ma quatrième année de théologie, je suis parti pour la Papouasie. C’était donc mon tout premier ministère. Alors je ne pensais pas apporter chez les Papous des expériences acquises au Canada. Trois jours après mon arrivée, Mgr. Deschamps m’a envoyé pour être le curé d’une nouvelle paroisse, au village Kungim. Quand je suis sorti de notre petit avion Cessna, j’entendais des bruits et des chants. Et voilà qu’arrivaient plusieurs danseurs, hommes et femmes et enfants, tous et toutes en habit traditionnel (hommes avec cache pénis et femmes en jupe de paille, et tout le monde avec la tête décorée de plumes d’oiseaux du paradis). Ils sont venus près de moi et m’ont entouré et crié un grand cri plusieurs fois. A ce moment-là, j’ai senti et réalisé que j’étais ailleurs. Je me trouvais dans un petit village situé le long de la frontière avec la partie de l’île qui appartient à l’Indonésie. Bien oui, je venais de faire mon entrée dans une culture différente de la mienne. Je n’avais pas peur. J’étais content, c’est comme si j’arrivais chez mon second chez-moi, mais un endroit où il y avait des tas de choses à découvrir. C’était une nouvelle paroisse et le curé fondateur n’était pas revenu après son congé. Donc il était urgent d’avoir un curé le plus tôt possible. J’étais content de voir qu’il y avait déjà un frère montfortain, missionnaire à Kungim. Dès la première semaine je me suis mis avec son aide à apprendre le Motu, une ‘lingua franca’ utilisée pour la communication entre les tribus dans cette partie du pays. Les gens étaient très sympathiques. Il y avait encore des sorciers actifs dans le village, ce qui causait constamment de la peur et des conflits dans la communauté. En fait, durant mes 20 premières années chez les Papous, j’ai beaucoup travaillé dans cette langue (liturgie, catéchèse, rencontres, conversations, etc.). L’adaptation à une culture différente de la nôtre demande un travail de tous les jours. Il y avait un grand besoin d’écoute, d’observation, d’effort de dialogue et de compréhension de la culture des gens. Je n’ai jamais osé dire que je connaissais à fond la culture. Dans le diocèse on avait une loi importante et il s’agissait de ne pas comparer la culture mélanésienne à notre culture canadienne. Je me rappelle qu’en 1981, lors d’un séminaire sur le Programme de la Nouvelle Image de la Paroisse, le prêtre jésuite Italien, qui avait été invité à faciliter le séminaire, a comparé la culture mélanésienne aux cultures d’Europe. Tout de suite Mgr. Deschamps est intervenu et a mentionné que ce n’est pas bon de comparer des cultures, car chacune à ses grandes valeurs positives mais aussi des manques. Quand j’ai quitté la Papouasie après 50 années de mission, des gens m’ont fait un beau compliment en disant que j’étais UN HOMME BLANC AVEC UN CŒUR NOIR. Mais j’étais bien conscient que mon cœur n’était pas totalement noir. Notre défi était d’encourager les croyants et croyantes papous à exprimer leur foi avec leur mentalité et leur cœur de Mélanésien. Car nous désirions et le peuple désirait également bâtir une Église Catholique mélanésienne. J’ai appris que la façon de procéder pour visiter des gens dans leur village était d’attendre une invitation de leur part. Étant donné que les gens appartenant à une même tribu mais de différents villages, entraient un peu en compétition les uns avec les autres afin que les missionnaires s’installent chez eux, il fallait être prudent et essayer d’obtenir un consensus des chefs de village. Bien souvent il fut décidé d’établir la mission dans le village avec la plus grande population et où nous pourrions bâtir une piste d’atterrissage pour le petit avion de la mission. Éventuellement il y aurait une école et un dispensaire dans ce village, ce qui voulait dire qu’ils y auraient des religieuses missionnaires afin de s’occuper de l’enseignement et de la santé. Pour obtenir un terrain offert par son propriétaire, et recevoir un document officiel, il fallait beaucoup de temps. Concrètement le gouvernement achetait le terrain des propriétaires et ensuite l’offrait au diocèse comme bail à long terme pour 99 ans. De temps en temps il y avait des conflits au sujet de ces baux à long terme. Il nous est arrivé à quelques reprises d’acheter un terrain ou une propriété sans passer par le gouvernement, mais de passer par un avocat et la cour, ce qui prenait énormément de temps et était dispendieux. |
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