Parcours d’une Église synodale
Mgr Gilles Côté, s.m.m., chez les Papous

 

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Une expérience d'Église de participation et de communion chez les Papous

Réflexions sur la synodalité

 

RÉDIGER LE PLAN PASTORAL DIOCÉSAIN

 
 

Nous ne pouvions rédiger le plan pastoral diocésain avec un grand nombre de personnes. Cependant nous avions compilé toutes les données venant de nos gens à travers le diocèse. Ces données étaient les résultats des consultations et réflexions sur leur situation sociale et religieuse, leur culture mélanésienne, sur l’enseignement sur l’Église, sur la spiritualité de la communion ainsi que sur leur vision de l’Église que Dieu voudrait pour notre diocèse. Nous avions un dossier venant du Mouvement pour un Monde meilleur, nous indiquant les méthodes à suivre durant les différentes étapes de l’exercice. Durant plusieurs semaines un groupe de personnes choisies s’est joint à notre équipe diocésaine d’animation pastorale et a écrit le modèle idéal du diocèse de Daru-Kiunga, demandant à Marie d’intercéder pour nous et au Saint Esprit de nous guider.

Des éléments méthodologiques nécessaires à l’élaboration du plan pastoral diocésain nous étaient proposés et nous devions utiliser ces derniers en fonction de la situation de notre diocèse. Pour chacune des étapes, il y avait les données de théologie, de spiritualité, de l’aspect technique ainsi que les attitudes intérieures à avoir pour faire ce travail. Il y avait la théologie de l’espoir en un avenir meilleur et un appel à obéir à l’Esprit et soutenir son action. C’était un engagement à s’engager pour transformer la situation actuelle avec la force de ce même Esprit. Planifier est en partie comme un discernement dans l’Esprit afin de rendre concrète dans notre situation la volonté de Dieu.

Au début, nous étions un peu inquiets car c’était notre première expérience d’utiliser ces méthodes et nous nous demandions si nous avions vraiment la capacité de faire ce travail. Mais après chaque étape nous prenions confiance. Nous comprenions l’importance des méthodes afin de réussir notre travail et notre confiance dans les méthodes grandissait tous les jours.

Heureusement nous avions quelques personnes compétentes qui ont pris le leadership dans ce travail.

En 1994, j’avais visionné le film Iron Will (Volonté de fer) de Walt Disney. Ce film racontait l’histoire d’un jeune homme qui décide de participer à une course de chiens de traineau de 800 kilomètres reliant Winnipeg et Saint Paul (Minnesota). Son père était décédé en s’entrainant pour cette course. Il voulait gagner la course dans le but de sauver leur ferme familiale. C’est un ami de son père, un autochtone, qui l’entrainait. Alors qu’il mettait ses chiens et son équipement dans le wagon du train qui l’emmènerait à Winnipeg, il a demandé à son entraîneur le suivant : « Si à un moment donné de la course je suis incertain quant à la décision à prendre, que dois-je faire? ». L’autochtone lui a répondu : « Aie confiance dans les chiens ». Le dernier jour de la course, le jeune homme arrive à un endroit où les conditions ne sont pas bonnes et ressemblent à celles qui ont causé la mort de son père. Il arrête ses chiens, hésite à prendre une décision qui lui permettrait de gagner la course. Il a peur. Puis il regarde son chien de tête qui jappe et tire le traîneau. Finalement le jeune homme décide de prendre sa chance et de faire confiance à ses chiens. Et il a gagné la course.

Je me suis servi de ce bel exemple afin d’encourager mes gens et je leur disais « Ayons confiance dans les méthodes ».

Tout travail de planification avec le guide d’une méthode est lourd et fastidieux. C’est comme assembler un puzzle qui ne révèle qu’à la fin sa richesse, son harmonie et sa faisabilité.

Il est important de retenir que nous devions toujours continuer à évaluer notre plan pastoral, afin d’apporter les changements nécessaires pour permettre au diocèse de continuer d’avancer vers l’idéal et les objectifs établis. Ce plan n’est pas celui du Mouvement pour un Monde meilleur mais vraiment le nôtre. Mais nous avons été grandement aidés par ce Mouvement afin d’arriver à notre but. Ce plan nous appartient et nous devons apporter des changements au cours des années selon les besoins.

Durant l’année 1999 nous avons compété la rédaction de notre Plan pastoral diocésain. Il a fallu quatre années de travail ardu impliquant l’équipe principale responsable de cette rédaction, mais également de toutes les personnes responsables des Paroisses et des Services diocésains. Il ne faut pas oublier le grand intérêt des membres de notre Église autant dans les petits villages isolés que dans les petites villes. N’oublions pas non plus que ces quatre années ont également constitué une riche expérience spirituelle et d’Église pour toute la population du diocèse.

Pour vivre une telle expérience les gens ont donné beaucoup de temps à la prière, sachant très bien que sans l’inspiration et la lumière de l’Esprit Saint nous ne pourrions marcher ensemble dans la même direction comme des frères et des sœurs dans le Christ. Et ils ont aussi exercé l’ascèse communautaire qui consistait à passer des heures et des heures en réunion.

À la fin de l’année 1999, les gens du diocèse, après avoir pensé et prié ensemble durant quatre années, étaient tous et toutes unis de cœurs et d’esprit et prêts pour l’Assemblée diocésaine de novembre 1999 durant laquelle le Plan diocésain serait regardé consciencieusement et accepté.